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Louis-Nicolas Bescherelle

(1802-1878)
Un éminent lexicographe du XIXe siècle.

Les écoliers de jadis et de naguère connaissent le nom de Bescherelle, depuis longtemps répandu dans les milieux scolaires par les Éditions Hatier, qui ont fait de lui comme le parrain de leurs livres de grammaire. Ce nom est lié dans les mémoires à la syntaxe, à l’art de conjuguer les verbes et autres sciences austères rassemblées sous le nom de grammaire.

Mais sait-on que Louis-Nicolas Bescherelle fut l’un des plus éminents lexicographes du XIXe siècle ? Sait-on également qu’il fut inhumé dans le cimetière de Valmondois, où son tombeau est encore visible ?

Louis-Nicolas Bescherelle est né à Paris en 1802. Il était donc contemporain de Victor Hugo et d’Emile Littré, autre lexicographe. Après avoir été élevé au collège Bourbon, il entra en 1825 aux archives du Conseil d’Etat puis il fut nommé bibliothécaire au Louvre. Sa vie se confond avec ses travaux :

  • "Le participe passé ramené à sa véritable origine" (1820),
  • "Revue grammaticale ou réfutation des principales erreurs des grammairiens" (1829),
  • "Grammaire nationale" (1834-1838),
  • "Dictionnaire usuel de tous les verbes français" (1842-1843).

C’est alors qu’il entreprend ce qui sera la grande œuvre de sa vie : "Le dictionnaire national ou dictionnaire universel de la langue française", qui parut de 1843 à 1846, bien avant celui d’Emile Littré (1863-1869).

Ce dictionnaire monumental représente environ 3000 pages divisées en 4 colonnes qui, mises bout à bout, dépasseraient 3 km. Ces données statistiques, pour parlantes qu’elles soient, ne donnent pourtant qu’une faible idée du travail de recherche et de rédaction nécessaire à la confection d’un tel ouvrage. Bescherelle présente en effet les mots avec leur généalogie, leurs alliances, leurs bizarreries orthographiques. On compte plus de 1 500 000 exemplaires choisis parmi les écrivains, les moralistes, les philosophes, les savants, etc.

L’étude d’une langue aussi ancienne que la française suffit à occuper une vie laborieuse. Louis-Nicolas Bescherelle lui a consacré la sienne : en 1875, il en était à la 15e édition.

Georges Duhamel reconnaissait l’excellence de l’œuvre de Bescherelle quand il écrivait dans sa Chronique des saisons amères (1940-1943) : "J’aime les dictionnaires. Parfois, je consulte le vieux Bescherelle, qui est bon".

Louis-Nicolas Bescherelle eut un fils, Louis-Edmond Lazare, né à Marseille en 1857. Il se trouva que ce fils vint s’installer à Valmondois, dont il devint maire de 1908 à sa mort, survenue en 1922. Il y fit ramener la dépouille mortelle de sont père, qui y repose depuis.

On peut voir dans le cimetière du village un tombeau de granit typique de ceux que les bourgeois du XIXe siècle se faisaient construire. Il porte cette simple inscription : "Bescherelle Louis-Nicolas, auteur du Dictionnaire national (1802-1883)". Un médaillon appuyé sur une palme – œuvre d’Adolphe-Louis Geoffroy-Dechaume – portant le profil de Louis-Nicolas Bescherelle, est fixé sur la face antérieure du monument.