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Jean-Pierre Galtier, tapissier-décorateur l Lucie Zanello, normalienne. l Jean-François Daviron l Vincent Aurez l Alban Falluel l L'Interview
Lucie Zanello, normalienne.
Valmondois est fière de compter parmi ses habitants une jeune élève de Normal sup. Lucie Zanello, aussi brillante que ses frères, a fait ses premiers pas à Valmondois. C’est à l’école Robert Hoffmann qu’elle a appris les bases qui lui ont servi ensuite à développer le meilleur de son intelligence. Ecoutons-la raconter son parcours scolaire et ses espérances d’avenir. Bravo Lucie et bonne chance !
Comment vous est venu le goût de la littérature
?
C’est une question beaucoup plus
compliquée qu’il n’y paraît ! Je ne me souviens
d’aucun déclic précis, mais je suppose que de fréquentes
lectures, encouragées par mes parents, m’ont permis de
découvrir mon penchant très fort pour la littérature. Je ne me
souciais pas trop d’acquérir ce qu’on a coutume
d’appeler de la « culture » et mon entourage
familial me laissait libre de choisir ce que je voulais lire. Je
considère qu’il s’agit d’une grande chance :
j’ai ainsi pu aborder les grands textes français ou étrangers
de mon plein gré, quand j’en ai eu envie, sans les voir comme
des œuvres poussiéreuses qu’on voulait me faire avaler
de force. D’ailleurs, la première fois que j’ai lu
Germinal, j’y ai vu une belle histoire d’amour
en passant complètement à côté de l’aspect social et
j’ai sauté sans scrupules tous les passages monographiques,
qui sont censés faire (entre autres) la spécificité du naturalisme
de Zola.
Une lecture en entraînant voire en appelant une
autre, mon goût initial n’a cessé de se développer et de
s’affiner – cela dit, je continue comme tout le monde à
trouver bon nombre de descriptions naturalistes
assommantes.
Quels souvenirs gardez-vous de votre scolarité
à l’école Robert Hoffmann ?
Je me souviens d’une école de village à
visage humain où chaque élève était connu. A mon arrivée,
j’étais habituée à évoluer dans un groupe scolaire qui
comprenait vingt classes, le changement était de taille. Les
visites à la bibliothèque étaient particulièrement agréables :
Françoise nous connaissait bien et nous conseillait en conséquence.
Un mot aussi pour l’assistante maternelle, qui répondait
toujours aux demandes des enfants avec une grande patience, un
talent appréciable quand il s’agit de gérer une vingtaine
d’enfants de moins de cinq ans. Des temps forts venaient
ponctuer cette scolarité, comme la remise des dictionnaires à la
fin du CM2 par le maire de la commune – j’ai conservé
le mien !
Avez-vous d’autres pratiques, artistiques ou autres, qui vous tiennent à cœur ?
La classe préparatoire, dont je sors tout
juste, m’a obligée à mettre de côté la plupart des activités
que je pratiquais, notamment la pratique de la flûte traversière en
ensemble de musique de chambre. Je compte reprendre
l’apprentissage de ce bel instrument de musique.
Un second pôle d’intérêt, peut-être plus
important, est celui du théâtre. J’ai eu, durant
l’hypokhâgne surtout, l’opportunité d’assister à
de très nombreuses représentations, à la Comédie-Française, au
théâtre de l’Odéon, au TGP et bien d’autres, sous
prétexte de me cultiver en vue des concours. Ces sorties étaient
une véritable bouffée d’air dans un contexte où il
m’était difficile de consacrer beaucoup de temps à des
pratiques extrascolaires. Le théâtre a souvent mauvaise presse
auprès des gens de ma génération, et je peux le comprendre :
la scène, contrairement au cinéma, ne souffre pas la médiocrité.
Mais lorsque des acteurs, un public et un texte se rencontrent
vraiment, les quelques déconvenues sont vite oubliées.
Quels sont vos projets d’avenir ?
Sur un plan strictement professionnel, ils sont
très flous. L’ENS offre de nombreuses possibilités entre
lesquelles je n’ai pas encore fait mon choix.
Le seul projet clairement défini concernant mon
futur est intellectuel : j’aimerais rester ouverte à la
remise en cause et continuer, ma vie durant, à exercer ma
curiosité. Socrate lui-même passait son temps à rappeler
qu’il ne savait rien, et son érudition n’était
évidemment pas comparable à la mienne. La recherche, le
questionnement ne doivent pas s’arrêter à l’obtention
d’un concours ou d’un diplôme.
Qu’aimez-vous de votre vie à Valmondois ?
Mon attachement à Valmondois est avant tout
affectif : j’y ai grandi et je reviens très
régulièrement à la maison, où toute la famille se
retrouve.
Plus généralement, le cadre de vie à la fois
rural et urbain constitue à mes yeux une des spécificités les plus
plaisantes de la commune. Les transports en commun sont performants
et des commerces animent le village. Dans le même temps, la
campagne environnante permet de profiter d’un paysage
agréable et d’un calme appréciable. Une heure en train depuis
le centre de Paris suffit à rejoindre un village vivant et
accueillant. Les amis parisiens que j’y invite sont toujours
agréablement surpris de ce dépaysement si rapide et mes amis
provinciaux découvrent une facette insoupçonnée et plaisante de la
région parisienne.
Enfin, pour la littéraire que je suis, comment
oublier que des âmes illustres - telles que celle de Bescherelle ou
de G. Duhamel – habitent le village !
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