HISTOIRE DE VALMONDOIS
LA CULTURE AU COEUR DU VILLAGE
En commençant l’histoire d’un village, il est tentant de vouloir lui découvrir une origine très lointaine. Faute de documents, il faut, hélas ! renoncer à cette ambition. On se contenterait à la rigueur de l’époque gallo-romaine. Mais, là encore, les témoignages manquent.
Seul le nom "Valmondois" recèle une indication et trahit une provenance, car il semble dériver du latin "Vallis munda"
(susceptible de plusieurs traductions dont, par exemple, "Jolie
Vallée") qui serait devenu, dans la suite des temps, "Valmondoys"
et enfin "Valmondois".
Certaines petites communes d’aujourd’hui possèdent une
église qui étonne par ses dimensions ou par la richesse de ses
vitraux. C’est que, autrefois importantes, elles furent la
résidence d’un noble de haute volée. L’église est
restée comme le témoin d’une grandeur passée. Tel n’est
pas le cas de Valmondois, ce qui semble indiquer que ce village
fut, de tout temps, modeste.
La Révolution
Il n’existe aucun vestige exploitable avant la révolution de
1789 où la commune présenta ses doléances, plaintes et remontrances
dans le célèbre cahier prévu à cet effet. Il n’est pas sans
intérêt de noter la nature des réclamations de cette population
rurale. Les paysans se plaignent de la surabondance du gibier
– agrément des loisirs aristocratiques – qui dévore les
semences et les récoltes. On demande que les impôts soient utilisés
à la remise en état des chemins vicinaux. Il est beaucoup question
des vignes, parce qu’à cette époque on fait du vin de messe.
Les doléances sont exprimées en des termes modérés, mais on y sent
une certaine exaspération envers les privilégiés qui profitent des
impôts et disposent du droit de chasse favorisant le pullulement du
gibier. Elles sont dans le ton général des cahiers : on n’y
exprime aucun ressentiment contre le Roi. On souhaite des réformes,
pas encore une révolution.
Les registres où sont consignées les ventes de Biens nationaux
révèlent le nom des acquéreurs, parmi lesquels apparaissent des
patronymes encore connus à Valmondois, tels que Bernay, Poulet,
Caffin etc.
Le XIXe siècle
L’histoire a ses vicissitudes et, en 1815, les Bourbons
reviennent à la tête de la France. Des actes d’allégeance aux
nouveaux maîtres se manifestent. Les divers documents qui nous ont
été légués (archives de notaires, procès-verbaux de police,
registres municipaux) font état d’incidents divers entre
cléricaux et anticléricaux. Ils font sourire aujourd’hui :
refus de rendre le pain bénit, interdiction du travail manuel
pendant les offices religieux, obligation faite à certains
d’assister au service funèbre célébré à la mémoire de Louis
XVI etc.
Nouveau revirement en 1848 : on fait maintenant allégeance à la
République avant de prêter serment au Président Louis-Napoléon
Bonaparte puis à l’Empereur Napoléon III en 1852. Mais ce
n’est pas particulier à Valmondois.
C’est alors qu’apparaît dans la vie de Valmondois un
personnage étranger à la commune, connu dans les milieux lyriques
de Paris et de Milan : Gilbert-Louis Dupré, chanteur
d’opéra. Il possède une maison à Valmondois, dont il devient
maire en 1853.
Pendant la guerre de 1870, un Valmondoisien qui avait encore des
descendants à Valmondois il y a peu de temps, Parage, participe à
la défense du passage de l’Oise à l’Isle-Adam.
La fin du XIXe siècle connaît à Valmondois quelques
événements qui marquent dans l’histoire de l’art : le
peintre Charles-François Daubigny, mis autrefois en nourrice à
Valmondois, y achète une maison qu’il cède à Adolphe-Victor
Geoffroy-Dechaume, lequel y entraîne Honoré Daumier en 1865. Daumier
devait y mourir en 1879 et être provisoirement inhumé dans le
cimetière communal avant sa translation au Père Lachaise en
1880.
Le XXe siècle
La Grande guerre, qui causa tant de morts en France,
n’épargne pas le village. Cinquante hommes sont tués au
combat et plusieurs autres décèdent ultérieurement des suites de
leurs blessures ou des gaz. Particularité de Valmondois, il
s’y trouve deux monuments aux morts : l’un à proximité
immédiate de l’église, l’autre devant l’ancienne
entrée du cimetière. Il semblerait que le premier ait été érigé par
souscription nationale tandis que le deuxième était le résultat
d’une collecte locale. Celui-ci est l’œuvre de
Charles Geoffroy-Dechaume.
Après la Grande guerre, Valmondois voit arriver l’écrivain
Georges Duhamel qui vient
d’obtenir le prix Goncourt et dont la réputation grandit. Il
commence alors à écrire la série des Salavin.
A peu près à la même époque s’installe à Valmondois un
professeur agrégé d’histoire, Georges Huisman, chef de
cabinet du ministre du commerce. Il deviendra bientôt directeur de
cabinet du Président du Sénat Paul Doumer, puis Secrétaire général
de la Présidence quand Paul Doumer aura été élu Président de la
République. Nommé plus tard Directeur général des Beaux-Arts, il
fondera le Festival de Cannes puis deviendra successivement maire
de Valmondois et Conseiller d’Etat. La guerre ruinera une
carrière prometteuse et Georges Huisman décédera prématurément à
Valmondois où il repose dans le cimetière communal.
La Deuxième guerre mondiale apporte à Valmondois son lot de
souffrances et suscite aussi une résistance à l’occupant
nazi.
Le mois de juin 2002 fit l’effet d’un coup de tonnerre
dans le ciel paisible de Valmondois : le village abritait un
ministre.
En effet, le changement de majorité amené par les élections
législatives entraînait un changement de gouvernement, dont le
Premier Ministre constitua un ministère où Madame Noëlle Lenoir se vit offrir un
portefeuille : celui de ministre délégué aux Affaires
européennes.
Source: Marcel Mercier, Chroniques de Valmondois,
Editions Valhermeil, 2008.