Valmondois, Communauté de communes de la Vallée de l'Oise et des Impressionnistes
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A propos d'une monographie

Le XIXe siècle a été le siècle de l’Histoire, enfin affranchie des obligations  panégyriques et courtisanes propres aux époques précédentes. C’est alors qu’on commença à considérer l’histoire plus comme une autopsie du passé que comme un genre littéraire. Les grands précurseurs sont Jules Michelet et Augustin Thierry, mais c’est avec l’arrivée de Taine, Renan et Fustel de Coulanges que les historiens accordent toute leur place aux faits , à la recherche des documents, à leur étude critique et philologique . L’histoire tend alors à se constituer en science exacte. La personnalité, les opinions politiques et religieuses s’efforcent de s’effacer derrière les faits, auxquels une place essentielle est donnée et qui deviennent les matériaux de cette discipline. Selon Renan, le XIXe siècle doit être celui des monographies. Quant au travail de synthèse, il est remis à plus tard :
 

«  Des monographies sur tous les points de la science, telle devrait donc être l’oeuvre du XIXe siècle, œuvre pénible, humble, laborieuse, exigeant le dévouement le plus désintéressé, mais solide, durable, et d’ailleurs mensément relevée par l’élévation du but final. » (Renan – l’avenir de  la Science.)

 

Il semble que cette conception – dont Renan s’est lui-même affranchi – ait inspiré les élites laïques d’après 1870, qui voyaient en lui et en Taine leurs maîtres à penser. On trouve peut-être là l’origine de l’engouement pour les monographies, qui aboutit aux directives du ministère de l’Instruction publique dans ce domaine : demander aux instituteurs de rassembler des faits et des données en vue des recherches ultérieures.
 
C’est ainsi que l’instituteur de Valmondois, Marc-Camille Rouland, fut chargé d’établir une monographie de son village et qu’il s’en acquitta de la manière qu’on sait. La publication attendue de ce travail vient d’avoir lieu.
 
On dispose, notamment, d’un recueil de données économiques et statistiques concernant un village de Seine-et-Oise à la fin du XIXe siècle, ainsi qu’une description des lieux et une esquisse historique de Valmondois depuis la Révolution jusque vers 1871. A côté de cette partie nécessairement aride, on trouve des anecdotes cocasses sur la vie des villageois : « refus de rendre le pain bénit », « scandale à l’église », etc. On y apprend que la forge du maréchal-ferrant se trouvait déjà en face de l’entrée principale de l’église. Les patronymes cités ne sont pas inconnus aux vieux Valmondoisiens : de Provigny, Cochegru, Parage, Poulet, car ils avaient en 1930, et peut-être encore maintenant, des descendants.
 
La monographie éditée par les Editions du Valhermeil est agrémentée par sa présentation. Des notes et des commentaires critiques guident le lecteur.
 
Comme dans beaucoup d’œuvres historiques, et quelle que soit l’honnêteté intellectuelle de l’auteur, la personnalité de M.C Rouland transparaît dans certains de ses récits. C’est un bon instituteur de la IIIe République : laïque, dévoué, appliqué, sérieux dans son travail, ayant foi en sa mission, partial à l’occasion, enthousiaste pour la République et pour la France.
   
Il existe une photographie qui le montre en 1922 ou 23. Il y a une soixantaine années. C’est un homme courtaud, ventripotent ; il porte une moustache « à la Clémenceau ». Son visage est bourru. Sur son gilet on peut voir une chaîne de montre. Sa casquette est enfoncée jusqu’au yeux. Son allure est celle d’un cultivateur en costume du dimanche.
 
Comme un cultivateur il a consciencieusement labouré le champ qui lui a été confié. 
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