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L'oeuvre inachevée de Franck Rousseaux du 08/05 au 29/05 2011

Exposition Œuvre inachevée - Franck Rousseaux

Une exposition d’œuvres du céramiste Franck Rousseau, décédé prématurément, a eu lieu à la Villa Daumier du 8 au 29 mai dernier. Elle a reçu le titre de L’œuvre inachevée. Une œuvre ou une vie inachevée est souvent symbolisée par une stèle brisée, rappelant que la Mort abat sa main froidement aveugle sans égards pour les génies qu’elle anéantit. Ni Raphaël, ni Pascal, ni Mozart n’échappèrent à sa folie destructrice. L’exemple le plus tragique de cet aveuglement est celui du mathématicien français Evariste Galois (1811-1832) tué dans un duel à l’âge de vingt ans. Pressentant sa mort, il avait rédigé la nuit précédente son testament mathématique sur « la théorie des groupes » qui devait se révéler riche de conséquences pour les physiciens du XXème siècle.

Compte rendu de l’exposition :

On est saisi dès l’entrée par l’ordre qui règne dans la présentation des objets exposés. Ce sont les œuvres d’un seul artiste appartenant à une seule école. L’impression d’ensemble est qu’on entre dans ce qu’on pourrait appeler un temple de l’Art. « Là tout n’est qu’ordre et beauté »

Car tout ici est beau : beauté des formes, beauté des couleurs.
Même les objets à vocation utilitaire tels que des bols, ont reçu cette touche, cette grâce qui font d’eux des œuvres d’art.

Accrochés aux cimaises, de petits tableaux exécutés dans le grès présentent des dessins, mais des dessins indéchiffrables aux couleurs vives et brillantes où dominent des bleus somptueux rappelant ceux de la cathédrale de Chartres. L’insignifiance des dessins détourne l’attention, qui est ainsi entièrement consacrée aux couleurs.

Et puis voici un groupe d’antilopes, affolées par la présence d’un prédateur, se jetant en désordre les unes sur les autres, essayant de fuir. C’est une puissante représentation de l’épouvante inspirée dans l’antiquité par le dieu Pan.

D’admirables gros cylindres en grès trônent sur des socles. Leurs parois émaillées sont travaillées presque comme de la dentelle. Des cylindres étroits, émaillés et de diverses hauteurs appellent l’attention. On pourrait les prendre pour des vases, mais ils sont terminés par une sorte de bouchon. Un examen plus attentif suggère quelquefois un visage esquissé, orné de pendentifs, qui évoque le corps d’une femme drapée dans une toge. L’objet est élégant, imposant dans son immobilité hiératique.
« Là tout n’est qu’ordre et beauté, luxe, calme et volupté » Charles Baudelaire.