Valmondois

Le bien vivre
Accueil » Article » Lucie Zanello, normalienne

Lucie Zanello, normalienne

Lucie Zanello

Valmondois est fière de compter parmi ses habitants une jeune élève de Normal sup. Lucie Zanello, aussi brillante que ses frères, a fait ses premiers pas à Valmondois. C’est à l’école Robert Hoffmann qu’elle a appris les bases qui lui ont servi ensuite à développer le meilleur de son intelligence. Ecoutons-la raconter son parcours scolaire et ses espérances d’avenir. Bravo Lucie et bonne chance !

Comment vous est venu le goût de la littérature ?
C’est une question beaucoup plus compliquée qu’il n’y paraît ! Je ne me souviens d’aucun déclic précis, mais je suppose que de fréquentes lectures, encouragées par mes parents, m’ont permis de découvrir mon penchant très fort pour la littérature. Je ne me souciais pas trop d’acquérir ce qu’on a coutume d’appeler de la « culture » et mon entourage familial me laissait libre de choisir ce que je voulais lire. Je considère qu’il s’agit d’une grande chance : j’ai ainsi pu aborder les grands textes français ou étrangers de mon plein gré, quand j’en ai eu envie, sans les voir comme des œuvres poussiéreuses qu’on voulait me faire avaler de force. D’ailleurs, la première fois que j’ai lu Germinal, j’y ai vu une belle histoire d’amour en passant complètement à côté de l’aspect social et j’ai sauté sans scrupules tous les passages monographiques, qui sont censés faire (entre autres) la spécificité du naturalisme de Zola.
Une lecture en entraînant voire en appelant une autre, mon goût initial n’a cessé de se développer et de s’affiner – cela dit, je continue comme tout le monde à trouver bon nombre de descriptions naturalistes assommantes.

Quels souvenirs gardez-vous de votre scolarité à l’école Robert Hoffmann ?
Je me souviens d’une école de village à visage humain où chaque élève était connu. A mon arrivée, j’étais habituée à évoluer dans un groupe scolaire qui comprenait vingt classes, le changement était de taille. Les visites à la bibliothèque étaient particulièrement agréables : Françoise nous connaissait bien et nous conseillait en conséquence. Un mot aussi pour l’assistante maternelle, qui répondait toujours aux demandes des enfants avec une grande patience, un talent appréciable quand il s’agit de gérer une vingtaine d’enfants de moins de cinq ans. Des temps forts venaient ponctuer cette scolarité, comme la remise des dictionnaires à la fin du CM2 par le maire de la commune – j’ai conservé le mien !

Avez-vous d’autres pratiques, artistiques ou autres, qui vous tiennent à cœur ?
La classe préparatoire, dont je sors tout juste, m’a obligée à mettre de côté la plupart des activités que je pratiquais, notamment la pratique de la flûte traversière en ensemble de musique de chambre. Je compte reprendre l’apprentissage de ce bel instrument de musique.
Un second pôle d’intérêt, peut-être plus important, est celui du théâtre. J’ai eu, durant l’hypokhâgne surtout, l’opportunité d’assister à de très nombreuses représentations, à la Comédie-Française, au théâtre de l’Odéon, au TGP et bien d’autres, sous prétexte de me cultiver en vue des concours. Ces sorties étaient une véritable bouffée d’air dans un contexte où il m’était difficile de consacrer beaucoup de temps à des pratiques extrascolaires. Le théâtre a souvent mauvaise presse auprès des gens de ma génération, et je peux le comprendre : la scène, contrairement au cinéma, ne souffre pas la médiocrité. Mais lorsque des acteurs, un public et un texte se rencontrent vraiment, les quelques déconvenues sont vite oubliées.

Quels sont vos projets d’avenir ?
Sur un plan strictement professionnel, ils sont très flous. L’ENS offre de nombreuses possibilités entre lesquelles je n’ai pas encore fait mon choix.
Le seul projet clairement défini concernant mon futur est intellectuel : j’aimerais rester ouverte à la remise en cause et continuer, ma vie durant, à exercer ma curiosité. Socrate lui-même passait son temps à rappeler qu’il ne savait rien, et son érudition n’était évidemment pas comparable à la mienne. La recherche, le questionnement ne doivent pas s’arrêter à l’obtention d’un concours ou d’un diplôme.

Qu’aimez-vous de votre vie à Valmondois ?
Mon attachement à Valmondois est avant tout affectif : j’y ai grandi et je reviens très régulièrement à la maison, où toute la famille se retrouve.
Plus généralement, le cadre de vie à la fois rural et urbain constitue à mes yeux une des spécificités les plus plaisantes de la commune. Les transports en commun sont performants et des commerces animent le village. Dans le même temps, la campagne environnante permet de profiter d’un paysage agréable et d’un calme appréciable. Une heure en train depuis le centre de Paris suffit à rejoindre un village vivant et accueillant. Les amis parisiens que j’y invite sont toujours agréablement surpris de ce dépaysement si rapide et mes amis provinciaux découvrent une facette insoupçonnée et plaisante de la région parisienne.
Enfin, pour la littéraire que je suis, comment oublier que des âmes illustres - telles que celle de Bescherelle ou de G. Duhamel – habitent le village !